la région d'Oulhaça d'après El-Bekri

       - Le littoral de Tlemcen -

….…Au nord (lisez au sud] de Tlemcen est un lieu de halte appelé BAB EL-CASR “la porte du château,” qui est dominé par la montagne appelée RAS EL-BAGHL “la tête du Mulet.” La rivière STAFCÎF, qui sort du pied de cette montagne, va se décharger dans un vaste réservoir de construction antique, où elle se précipite avec un fracas qui s’entend de très loin.

Un conduit, fait avec art, amène ces eaux jusqu’au lieu nommé EL-MIHMAZ “l’éperon,” puis à OUELDJ EL-HANA, puis à DJENAN EL-HADDJ “le jardin du pèlerin,” d’où elles vont se jeter dans la rivière ISER. Celle-ci verse ses eaux dans la TAFNA, fleuve qui va passer par ARCHGOUL (1) et se jeter dans la mer, auprès de cette ville. Archgoul est le port de Tlemcen. Entre ces deux localités est une plaine appelée ZÎDOUR, dont la longueur est de vingt-cinq milles. La Tafna, rivière sur laquelle est située Archgoul, vient du midi et contourne la partie orientale de la ville; elle reçoit de petits navires, qui la remontent depuis la mer jusqu’à la ville, l’espace de deux milles. Archgoul possède un beau djamê de sept nefs, dans la cour duquel sont une grande citerne et un minaret solidement bâti; elle renferme aussi deux bains, dont un est de construction antique. Le Bab el-Fotouh (2) “la porte des victoires” regarde l’occident; le Bab el-Emîr (3) est tourné vers le midi, et le Bab Mernîça, (4) vers l’orient. Toutes ces portes sont cintrées et percées de soupiraux (meurtrières?). L’épaisseur de la muraille est de huit empans; le côté qui regarde le nord est celui qui pourrait offrir le plus de résistance à un ennemi. Dans l’intérieur se trouvent plusieurs puits de bonne eau qui ne tarissent jamais et qui suffisent à la consommation des habitants et de leurs bestiaux. Au sud de la ville est un faubourg.

La mesure de capacité dont on se sert à Archgoul se nomme amoura et contient soixante modd de la dimension autorisée par le Prophète. Le ratl “la livre” est de vingt-deux aoukïa “onces”; la drachme, de huit kharrouba, et le kharrouba de quatre grains (habba).

Cette ville était habitée par des négociants quand Eïça, fils de Mohammed ibn Soleiman, prince dont nous avons déjà parlé, vint s’y installer et prendre le commandment. Il mourut en l’an 295 (907-908 de J.-C.). Son fils Ibrahîm ibn Eïça el-Archgouli naquit dans Archgoul; Yahya, fils et successeur d’Ibrahîm, fut mis en prison, l’an 323 (935 de J.-C.), par Abou Abd Allah es-Chîaï.

Dans la mer, vis-à-vis de la ville, est une île appelée DJEZÎRA-T-ARCHGOUL (5) “L’île d’Archgoul.” Elle est si peu êloignée du continent, qu’un homme dont la voix est forte peut se faire entendre d’un bord à l’autre, quand la mer est calme. Cette île s’étend en longueur du sud au nord, et s’élève à une grande hauteur. Hacen, fils d’Eïça ibn Abi ’l-Aïch et seigneur de Djeraoua, se réfugia dans Archgoul quand Mouça, fils d’Abou’l-Afiya, lui enleva ses autres possessions. A ce sujet nous donnerons ailleurs les éclaircissements nécessaires, s’il plaît à Dieu. Mouça écrivit alors à Abd er-Rahman ibn Mohammed, souverain de l’Espagne, et le pria de lui fournir des secours et de faciliter ainsi la prise [de l’île]. Abd el-Mélek ibn Abi Hammama appuya cette demande auprès de Mouça ibn Mohammed ibn Djodeir. Il en résulta qu’Abd er-Rahman envoya aux habitants de Beddjana (Pechîna d’Alméria) et d’autres lieux de la côte, l’ordre d’équiper quinze navires de guerre, et il y fit embarquer des troupes, des armes, des munitions et de l’argent. Cette flotte alla bloquer l’île d’Archgoul. On tua un grand nombre de ceux qui s’étaient réfugiés dans l’île et l’on serra les autres si étroitement, qu’ils faillirent mourir de soif, après avoir épuisé l’eau de leurs citernes. Dieu leur vint alors en aide et leur envoya une pluie abondante. Les gens de la flotte, ayant reconnu que les assiégés avaient renouvelé leur approvisionnement d’eau, perdirent l’espoir de les soumettre, et remirent à la voile afin de rentrer chez eux. Ils rentrèrent à Alméria au mois de ramadan 320 (septembre octobre 932 de J.-C.). Quelque temps après, El-Bouri, fils de Mouça ibn Abi’l-Afiya se saisit d’El-Hacen ibn Eïça, le même qui s’était réfugié dans Archgoul; puis en l’an 338 (949-950), il l’envoya prisonnier à Abd er-Rahman ibn Mohaznmed.

Notice des places fortes qui couvrent le littoral de Tlemcen

A l’orient d’Archgoul est située ASLEN, (6) autre ville forte, dont l'origine remonte à une haute antiquité. Elle est entourée d’une muraille de pierre et renferme une mosquée et un bazar. Les habitants appartiennent à la tribu des Maghîla. Elle domine une rivière qui se jette dans la mer, à l’est de la place, et qui sert à l’arrosage de leurs jardins et arbres fruitiers. La muraille d’Aslen est dégradée et ruinée de tous les côtés par [le courant d’]une rivière. Cette ville possède une source dont les eaux coulent jusqu’à la mer.

Abd er-Rahman [le souverain espagnol] s’en rendit maître, et [son ministre] Mohammed ibn Abi Amer [el-Mansour] y envoya Homeid ibn Yezel, qui la rebâtit de nouveau.

D’Aslen à CASR IBN SINAN(7) “le château d’ibn-Sinan” il y a une petite journée de marche. Parti de là, on suit l’itinéraire déjà indiqué, qui marque quatre journées d’Aslen à Tîhert et dix-neuf de Tîhert à Cairouan.

De là [c’est-à-dire d’Aslen] l’on se rend à HISN TENKEREMT, (8) forteresse maritime qui en est éloignée de six milles [vers l’ouest]. Dans les dépendances de cette place on remarque de vastes champs bien cultivés et des plaines d’une grande fertilité.

FEKKAN est à deux journées d’Aslen; le Séi coule entre ces deux villes, et c’est sur le bord de cette rivière que l’on fait halte à la fin de la première journée. Dans les temps anciens Fekkan était un des lieux où les tribus zenatiennes tenaient leurs marchés. Yâla, fils de Mohammed ibn Saleh l’Ifrenide, y construisit une ville dont il posa les fondements en l’an 338 (949-950 de J.-C.). Les gens de Tîhert établis à EL-MAASKER “Mascara,” les habitants d’ILÈL, ceux des deux rives du BENI OUATÎL, ceux d’Oran et de CASR EL-FOLOUS, allèrent se fixer à Fekkan, qui prit alors l’aspect d’une ville et s’accrut beaucoup en étendue et en population. Elle est située à l’extrémité méridionale de l’AOUCHÎLAS, montagne couverte d’épaisses broussailles. Au sud de la ville coude le CÎRAT, rivière dont les sources sont situées vers l’orient, et dont les rives sont couvertes de moulins et de jardins. A l’ouest de Fekkan, au-dessous des jardins, est le confluent de trois rivières, du Cirat, du Séi et du Hent. La ville est environnée d’une muraille de briques et renferme un djamê, un bain et quelques caravansérails.

De Hisn [Tankeremt] à HISN MERNÎÇA T-EL BÎR (9) “le château des Mernîça du puits, place très forte, il y a trois milles. De cette [dernière] localité à HISN IBN ZÎNA (10) il y a aussi trois milles. Une rivière bordée d’arbres fruitiers coule auprès de ce château. A deux milles plus loin on trouve HISN EL-FOROUS, (11) château perché sur la cime d’une montagne, auprès de la mer.

De là à HISN EL-OURDANIYA (12)  il y a aussi deux milles. Ce château, comme le précédent, est sur le sommet d’une montagne qui touche la mer. Le HISN HONEIN, (13) château situé à quatre milles plus loin, domine un bon mouillage, qui est très fréquenté [par les navires]. La forteresse de Honein surpasse toutes celles dont nous venons de faire mention, tant par le nombre de ses jardins que par la variété de ses fruits. Elle est occupée par une tribu appelée Koumiya. Le château de Honein est à treize milles de la ville de NEDROMA, dont il est

séparé par la montagne nommée TAGRA. Nedroma est située au pied de cette montagne. Au nord et à l’occident de la ville s’étendent des plaines fertiles et des champs cultivés. Elle est à dix milles de la mer. Son sahel (ou port) est formé par le MACÎN, rivière dont les bords produisent beaucoup de fruits………………..

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D’après le livre Description de l'Afrique septentrionale par El-Bekri, traduite  de  l’Arabe par Mac Guckin de Slane. Edition revue et corri

 

                                             le littoral de Tlemcen

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Notes:

1)      ARCHGOUL ou Arechkoul chez ibn hazem et Arechgoule ( أرشغول )chez  El Idrissi, aujourdhui on l’appelle Rechgoun. (Arechgoul était crées par les arabes à la place de Siga ).

2)      BAB EL-FOTOUH (باب الفتوح)c’est Bab el Fath (Sidi Moussa) c’est la route qui amène jusqu’à Béni Zahna ensuite à Siga.

3)      BAB EL EMIR(باب الأمير), c’est une petite piste  qui amène de Siga vers le Village de Tedmaya

4)      BAB MERNICA(باب مرنيسة) c’est la route qui amène vers la commune de BéniSaf.

5)      DJEZÎRA-T-ARCHGOUL (جزيرة أرشقول) l’Ile de Rechgoun  on l’appelle aussi LAYALA.

6)      ASLEN(أسلن), d’après MAC DE SELANE veut dire frêne en berber. La ville qui portait ce nom était située à huit milles est de l’embouchure de la Tafna, sur une hauteur désignée par le nom d’Oussa, c’est-àdire Oulhaça, sur la carte Bérard.

* ( Peut etre que cette ville se trouvait près de la plage de Sidi Djelloul puisque c'était un port maritime à l'époque des romains connu sous le nom de portus de Camerata et la rivière dont parle El-Bakri son doute la rivière de Oued El-Ghazer .

7)      CASR IBN SINAN(قصر ابن سنان), Ain Témouchent

8)      HISN TENKEREMT(حصن تنقرمت).

9)      HISN MERNÎÇA T-EL BÎR (حصن مرنيسة تع البير) se trouve entre Aslen et Hisn Ibn Zina (Beni-Zahna)

10)  HISN IBN ZÎNA(حصن ابن زينة), aujourd'hui en l'appelle le village de Beni-Zahna qui se trouve à 3 klm du Ouest de Siga.

11) HISN EL-FOROUS(حصن الفروس), on l’appelle  EL-BORDJ près du village de Chehabna en face de la mère méditerrané.

12)  HISN EL-OURDANIYA(حصن الوردانية), la plage de Ouerdania.

13)  HISN HONEIN(حصن هنين), la ville du Honaine.

Commentaires (1)

1. BENSABER 12/09/2010

Merci pour ce site qui nous éclaire sur notre histoire et nos origines.
Étant natif de Médéa, à 80 kilomètres au Sud d'Alger, j'aimerais avoir des informations sur la migration des Bensaber. J'en ai trouvé à Médéa, Alger, Dellys, Oran, Mostaganem, Ain Temouchent, Casablanca (Maroc) et dans le Rif marocain.
Merci de votre réponse.
Ce serait aimable de me transmettre aussi vos informations à mon adresse mail: alibensaber@hotmail.com

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