La description de DR.SHAW

Siga et ses environs, Description Archéologique, par le DR. SHAW  

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Extrait de la carte de docteur Shaw, 1730-1739

…….Le cap Hone, que les habitans appellent aussi Ras-Honneine et Mellack, est à environ quatre lieues et demie au nord-est de Tôount, et termine

la chaîne des montagnes de Trara. Comme ce cap est le plus remarquable des différens promontoires situés à l’est de la Moulouia, on peut naturellement

supposer que c’est celui que Ptolomée désigne sous le nom de Grand-Promontoire, et qu’il place à peu près de la même manière, quoiqu’il

soit, d’après moi, à quelques lieues plus à l’ouest de Siga. Le petit port d’Honneine, qui est peut-être le Coecili de l’Itinéraire d’Antonin, n’est qu’à une faible distance du cap Hone. Depuis Honneine jusqu’à Tackom-brit et à l’embouchure de la Tafna dans la mer, c’est-à-dire l’espace d’environ cinq lieues, la côte se dirige au sud-est.

Vis-à-vis de l’embouchure de la Tafna, on trouve l’Acra de Scylax, petite île qui forme le port d’Harchegoune, où les plus grands bâtimens sont en sûreté.

Depuis l’embouchure de la rivière de Tafna, la côte se dirige un peu à l’est, puis au nord pendant neuf lieues, en faisant quelques petits détours jusqu’au Ras-Azintoure, appelé dans nos cartes marines cap Figalo. L’enfoncement de la

côte, depuis Mellack jusqu’à Azintoure, forme un golfe considérable que les Maures appellent aussi Harchegoune, et qui est peut-être le Sinus Laturus de Pomponius Mela, ainsi que l’Haresgol de Léon l’Africain, et de quelques géographes modernes, qui l’ont vraisemblablement pris pour le nom d’une ville.

Les différens dachekras ou tribus qui se trouvent à l’ouest de la Tafna se nomment Oulhassa, du nom des habitans, d’où est peut-être venu celui

de la montagne dont parle Léon l’Africain. Sur le bord occidental de la Tafna, près de la mer, sont les ruines de l’ancienne Siga, qui était une ville royale des rois numides. Son nom moderne est Tackom-brit, probablement le Tebecritum

de Léon l’Africain. La Tafna, qui est la rivière la plus considérable

de cette province, et qui coule à l’ouest du Chélif, est formée de plusieurs autres moins importantes, et dont les principales sont la Bar-ba-ta, le Sik-ack et l’Isser. La Bar-ba-ta prend sa source au sud-ouest, et, autant que j’en puis juger par

la situation des lieux, elle reçoit la petite rivière d’Oudjida , avant de pénétrer dans les montagnes de Trara. La Tafna, qui prend sa source dans les

montagnes de Béni-Snouse, conserve son nom jusqu’à la mer. Béni-Snouse est le nom d’une tribu qui habite plusieurs dachekras à environ douze lieues au sud d’Harchegoune. Le Sik-ack est un torrent rapide qui se trouve à deux lieues

au nord de Tlemsen, sur la route de Tackom-brit.

Une de ses sources est légèrement thermale, et cependant poissonneuse, d’où lui vient son nom d’Ain-el-Houte ou la fontaine aux poissons. L’Isser a sa source au sud-est, dans les montagnes des Benisme-al, tribu qui habite les bords du désert.

Abulféda en parle comme d’une rivière considérable ; et, à en juger par sa position et l’analogie des noms, ce doit être l’Assara de Ptolomée , et peut-être l’Isaris de l’anonyme de Ravène. Toutes ces petites rivières se réunissent à quelque distance de la mer.

Ainsi, en comparant les lieux et les rivières que je viens de décrire avec la géographie ancienne, on trouve que la Tafna est la Siga de Ptolomée,

Tackom-brit la ville à laquelle il donne aussi ce nom, et Honneine le Gypsaria, ou plutôt le Portus-Coecili de, l’Itinéraire d’Antonin , par la raison que ces différens lieux sont situés entre le Grand-Promontoire et la rivière Assara. Pline,

comme Ptolomée, place Siga à l’est de la Moulouia, dans la Mauritanie Césarienne. Mais on ne sait que conclure de ce que dit Pline, quand il ajoute que Siga est situé vis-à-vis de Malacha, aujourd’hui Malaga, en Espagne, attendu que cette ville n’étant qu’à soixante-treize lieues à l’ouest nord-ouest de Tackombrit, elle ne serait pas à sa véritable position. De plus, si Siga était

sous le même méridien que Malaga (car c’est ainsi qu’il faut entendre ces mots de Pline, ex adverso), la Tingitanie, qu’il avait déjà raccourcie, aurait encore moins d’étendue; et la Moulouia, qui la borne à l’est, ne serait ainsi qu’à vingt-cinq lieues de l’Océan-Atlantique. Il faut donc donner un autre sens à ce que dit Pline, ainsi que je l’expliquerai ailleurs. Mais dans tous les cas, il est hors de doute que Siga occupe réellement la position que nous lui assignons à quelque distance de la Moulouia. Mon opinion, à cet égard, estfondée sur l’autorité de l’anonyme de Ravène, et sur celle de l’Itinéraire d’Antonin, qui placent Siga à onze lieues à l’ouest du Flumen-Salsum des anciens. On peut dont conclure de ce qui précède, sans craindre de se tromper, que la Tafna est l’ancienne Siga, et Tackombrit la ville du même nom, qui paraissent l’une et l’autre avoir été connues de Scylax, toutefois avec cette différence qu’il appelle la ville Sigum.

Après avoir laissé la rivière Tafna et l’île d’Acra au sud-sud-est, on arrive à une petite baie que l’on appelle ordinairement le port d’lm-mi-si.

Il existe une tradition parmi les Arabes, d’après laquelle ce serait ici le port de l’ancienne ville de Trans-rant, qui n’est plus aujourd’hui qu’un monceau de ruines, à trois quarts de lieue de la mer, dans la plaine de Zeidoure. Près de ces ruines coule un petit ruisseau qui, après avoir arrosé le pays des Ouelled-Halfa, se jette dans le port d’Im-mi-si. Il faut que l’une ou l’autre de ces villes soit l’ancienne Camarata, que l’Itinéraire d’Antonin place à une égale distance du Portus Sigensis et du Flumen-Salsum…….

D’après le livre intitulé

VOYAGE DANS LA RÉGENCE D’ALGER.

PAR LE DR. SHAW

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J. MAC CARTHY-PARIS-1830

(Les pages 217-218-219-220-221)

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