La bataille de la tafna (la bataille de Sidi Yaacoub )

     Avant son départ, le maréchal Clauzel avait ordonné au général d’Arlanges, à Oran, de se rendre avec un corps expéditionnaire à l’embouchure de la Tafna et d’y faire établir un camp retranché face à l’ile de Rachgoun. Ce camp devait servir de point d’appui pour la communication entre cette partie de la cote et la ville de Tlemcen. C’était un plan que le maréchal avait conçu lors de sa dernière expédition à Tlemcen.

     Le 7 avril, le général d’Arlanges quitta Oran à la tete de 3,000 hommes de toutes les armes et de huit pièces d’artillerie de campagne. Il prit la route passant par les figuiers en faisant un détour sans incidents par les montagnes des Beni Amer, l’Ouled Belgari. Ce n’est qu’après avoir passée le RIO Salado, l’oued Sinane, l’oued-Halouf et l’ouest Ghousser, que la colonne française fut attaquée sur son aile gauche par une nombreuse force arabe, commandée par Abdel-Kader en personne. Cette bataille eut lieu le 15 et dura du petit matin à 3 heures de l’après-midi. Les Français estimèrent les pertes des arabes à 2,00 hommes, ce qui est très exagéré. Ils devaient eux-mêmes déplorer 10 morts et 70 blessés. La bataille fut très violents et tourna à l’avantage des Français, qui, le 16, atteignirent l’embouchure de la Tafna. Les troupes se mirent alors à construire des fortifications permanentes qui devaient être occupées par un détachement de 200 à 300 hommes. Le lieutenant colonel du génie lemercier dirigea ce travail avec beaucoup d’énergie et d’intelligence……

                                                            Vue de Camp de la Tafna tenu en 1836 Signé: Gobot

  Le général d’Arlanges ordona donc une reconnaissance minutieuse pour le 25 avril. Le 24, il passa sur la rive gauche de la Tafna et, cette nuit-là, se mit en marche avec 1,500 fantassins en deux colonnes commandées respectivement par le colonel Combes et le colonel Corbin. L’artillerie consistait en deux sections de pièces d’artillerie de montagne et deux canons de campagne. La cavalerie comprenait 180 chasseurs africains à cheval, en plus des arabes alliés des tribus Douair et Zmala, sous le commandement de Mustapha.

2tablissement-de-la-tafna.jpgEtablissement militaires Français dans l'ambouchure de la Tafna 1836 (Rachgoun)

   Ce corps de reconnaissance arriva, avant le coucher du soleil, en vue d’un camp ennemi peu important, dont seul les séparait un profond ravin. Quelques boulets de canon suffirent à faire évacuer le terrain par les arabes, et la colonne continua sa marche en direction du marabout Sidi-Yaacoub. Le général y apprit qu’une importante force armée l’attendait et il décida de retourner au camp de Tafna. Mais la cavalerie et particulièrement les alliés arabes avaient avancé si loin et s’étaient tellement dispersés qu’il fut presque impossible de les regrouper. Il se passa une heure et un quart avant que le général ne réussit à les rappeler, ce qui ne se fit pas sans pertes considérables, car les troupes d’Abd el-Kader ne s’étaient retirées que pour surgir de plus belle de tous les cotés, ayant pour elles l’avantage tactique.

   Avant même de pouvoir battre en retraite, le général d’Arlanges se vit encerclé par 10,000 cavaliers arabes, dont le nombre augmentait à chaque instant. Les tirailleurs français vidaient leurs cartouchières, puis se jetaient sur les colonnes en y semant la pagaille. On ne pouvait plus entendre les ordres, et on en était pratiquement arrivé au « chacun pour soi ». Abd el-Kader menait lui-même l’attaque, qui eut avec une violence presque aveugle. On vit des Cabayles et des Marocains se jeter sur les français sans autres armes que leur yatagan, un bâton, ou des pierres.

  Petit à petit, les officiers réussirent à regrouper leurs hommes et à repousser les arabes à la pointe des baïonnettes, permettant ainsi la poursuite en bon ordre de la retraite. L’artillerie, qui avait été plusieurs fois incapable de tirer de peur de toucher ses propres troupes, se mit, à la fin de la retraite en excellente position et fit pleuvoir la mitraille et les obus sur les masses ennemies, qui, en dépit de cela, ne voulaient toujours pas céder le terrain. A plusieurs reprises, des unités françaises entières s’entremêlèrent aux Arabes d’Abd el-Kader. Le vieux chef douair Mustapha ben Ismail réussit, avec ses troupes, d’excellentes attaques, sauvant plusieurs fois l’artillerie, qui était sur le point d’être coupée du reste de l’armée.

   Bien qu’il ne leur restât plus qu’une lieue et demie pour atteindre leur camp, les Français mirent une heure et demie à achever leur retraite, sous une mitraille qui ne cessa pas un seul instant. Vers la fin des combats, le général d’Arlanges fut blessé au cou par une balle de fusil et passa le commandement au colonel Combes, qui fit preuve de son sang-froid et de son énergie caractéristiques, si nécessaires dans ces circonstances.

   Les français avaient 33 morts, dont trois officiers. Le nombre des blessés était de 180, dont dix officiers. Les pertes des arabes étaient probablement bien supérieurs, mais ceux-ci avaient remporté la victoire, et on peut dire qu’Abd el-Kader regagna ce jour-là le prestige qu’il avait perdu après les expéditions du maréchal Clauzel et du général Perrégaux…. 

D’après le livre de Adolp Vilhelm Dinesen

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Commentaires (3)

1. Samira 16/07/2009

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Cordialement,

2. sfi 24/02/2013

merci.pour.ce.site

3. abdelnour 20/11/2013

très intéressant est bon courage

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