D'Oran à l'embouchure de la Tafna

D'Oran A L'embouchure De La Tafna, Du Rio-salado, Et A L'ile D'harchgoun.

120 kilomètres. — 4 jours environ.

On quitte Oran par la porte du Ravin ; on laisse à sa gauche le fort Si-Philippe, et la route continue vers le sud jusqu'au lac Sebgha (terre salée); puis elle incline vers l'ouest, suit pendant quelque temps la rive nord de ce lac, et à 10 kil. environ arrive sur les hors du Rio-Salado. La route que le voyageur suit est celle qui conduit à Tlemcen ; elle est carrossable.

Le voyageur, pour se former une idée de cette contrée limitrophe de l'empire de Maroc et de la Tafna, que le traité avec Abd-el-Kader a rendue mémorable, se rendra au golfe de Harchgoun (Rechgoun), dont l'extrémité ouest est fixée au cap Figalo : il a 45 kilomètres d'ouverture, et 9 kilomètres dans son plus grand enfoncement. Ce superbe golfe est divisé en deux parties inégales par le cap Hassa. La première, à l'est, reçoit le Rio-Salado, qui par la qualité de ses eaux justifie son nom. Dans la baie de l'ouest se jette la Tafna. A 2 kilomètres au N.-O. de l'embouchure de la Tafna, et à 12 kil. à l'ouest du cap Hassa (Cap- Oulhaça), est une petite île qui porte aussi le nom de

Harchgoun. Elle est à 120 kil. environ S.-O. d'Oran, et à peu près à la hauteur de Carthagène en Espagne. Elle était nommée Acra par les Romains.

La Tafna. C'est la plus grande rivière de la province d'Oran, à l'ouest du Chéliff; elle prend sa source dans les montagnes, à plusieurs journées au sud de son embouchure. Après un cours d'environ Ï30 kilomètres, elle vient se jeter dans une anse de 1,800 mètres d'ouverture, située à l'extrémité occidentale du golfe de Harchgoun. La partie ouest de cette anse est terminée par une pointe entourée de rochers. L'extrémité est formée par une langue de terre étroite, sur laquelle on voit une tour carrée en pisé de construction mauresque.

La Tafna a une barre trop élevée pour pouvoir être franchie par des barques, quoique son lit soit plus profond au delà. Le vallon a environ 500 mètres d'embouchure; sur la rive droite, le terrain présente plusieurs mamelons d'environ 100 à 120 mètres de haut, ayant des pentes assez roides ; la rive gauche est plus ouverte. L'horizon est borné par des montagnes élevées, éloignées d'environ 20 à 25 kil., qui semblent s'étendre parallèlement à la côte.

Le pays est couvert de broussailles et de taillis ; on y remarque très-peu de grands arbres ; beaucoup d'endroits sont cultivés par la tribu kabyle qui habite les deux rives de la Tafna.

Sur la rive droite, auprès de l'embouchure, existent encore quelques ruines portant aujourd'hui le nom de Tikam-brin (Takembrit); c'est ce qui reste de Siga, jadis la résidence de Syphax, et plus tard colonie romaine, qui fut saccagée à plusieurs reprises, et détruite de fond en comble dans le xveme siècle.

Ile De HarcHgoun. Cette île est séparée du continent par un intervalle de 2,000 mètres ; elle a près de 800 mètres de long sur 200 dans sa plus grande largeur ; elle est escarpée à pic sur tout son pourtour, à l'exception de la partie sud- ouest, et parait être un produit volcanique ; elle est couverte d'une couche assez épaisse de terre végétale où croissent des lentisques, des palmiers nains, des buissons et beaucoup d'herbes.

Une petite ruine s'aperçoit dans la partie la plus déprimée, seules 1 races qui restent des constructions anciennes que l'on attribue aux Romains.

Sur la partie sud-est de la côte de l'île il y a un petit bassin naturel pour les bateaux, et un débarcadère très-praticable avec les vents du nord et de l'est.

Au commencement de l'année 1836, on a mis une garnison sur cette île. On avait aussi formé un établissement militaire sur la rive droite de l'embouchure de la Tafna, au sud-ouest de la pointe de la Tour-Carrée; ce camp est devenu maintenant un petit centre de population.

                    SOURCE : Guide du voyageur en Algérie ; Par Quétin 1847

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site